Le Maramureș et la Bucovine
Au nord de la Roumanie, deux régions de montagne gardent des églises de bois et des monastères aux fresques extérieures. Ce voyage les traverse en huit jours, de Baia Mare aux gorges de Bicaz et au Lacul Roșu.
Les routes du nord de la Roumanie
Depuis Baia Mare, la route franchit le col de Gutâi et descend dans les vallées de la Mara et de l’Iza. C’est le Maramureș : des villages en bois, un portail sculpté devant chaque maison, des meules de foin autour d’une perche. On croise des charrettes à cheval et des troupeaux. Le dimanche matin, beaucoup d’habitants vont à l’église en costume traditionnel.
À Vișeu de Sus, on laisse la voiture pour la Mocănița, un train forestier à vapeur qui remonte la vallée du Vaser jusqu’à Paltin : une bonne demi-journée. La route monte ensuite au col de Prislop, à 1 416 mètres, et passe en Bucovine.
La Bucovine est couverte de forêts de hêtres et de sapins. Ses monastères peints sont au fond des vallées, derrière leurs murs d’enceinte. Le voyage finit dans les gorges de Bicaz, entre deux parois de calcaire, puis au Lacul Roșu, déjà en Transylvanie.

Les églises de bois du Maramureș
Huit églises de bois du Maramureș sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1999 : Bârsana, Budești, Desești, Ieud, Plopiș, Poienile Izei, Rogoz et Șurdești. Elles sont bâties en rondins, avec un grand toit de bardeaux et un clocher très mince au-dessus de l’entrée. Celle de Șurdești date de 1721 ; sa tour mesure 54 mètres. Plopiș, une autre des églises classées, est dans le village voisin, à moins d’un kilomètre : on visite les deux à la suite.
À l’intérieur, des peintres de village ont couvert les murs au XVIIIe siècle. À Poienile Izei, ils ont peint l’enfer et ses supplices. Ces églises sont souvent fermées : on demande la clé au voisin ou au prêtre. À Bârsana, ne confondez pas la petite église classée, sur la colline, avec le grand monastère des années 1990.
À Săpânța, à partir de 1935, le sculpteur Stan Ioan Pătraș a taillé des croix de chêne peintes en bleu vif. Chacune porte une scène de la vie du défunt et une épitaphe en vers, souvent drôle. C’est le cimetière Joyeux.
Chacune porte une scène de la vie du défunt et une épitaphe en vers, souvent drôle.
Les monastères peints de Bucovine
Au XVIe siècle, des églises de Moldavie du Nord sont peintes aussi à l’extérieur : des saints, des scènes de la Bible, le Jugement dernier. On les décrit souvent comme une Bible en images pour des fidèles qui ne savaient pas lire. Sept églises sont inscrites à l’Unesco depuis 1993, dont Voroneț, Arbore, Humor et Moldovița ; Sucevița, la huitième, s’y est ajoutée en 2010. À Voroneț, le Jugement dernier couvre tout le mur ouest. Il est peint sur un fond bleu intense, le « bleu de Voroneț ». À Sucevița, selon la légende, le mur ouest est resté blanc parce que le peintre est tombé de l’échafaudage.
Le monastère de Voroneț a été fondé par Étienne le Grand, prince de Moldavie de 1457 à 1504, qui a longtemps combattu les Ottomans. Selon la tradition, il bâtissait une église après chaque victoire. Il est enterré à Putna, le monastère qu’il a fondé. Le nom de Bucovine vient d’un mot slave qui veut dire « forêt de hêtres » ; l’Autriche en a fait le nom officiel de la région en l’annexant, en 1775.

Mănăstirea Dragomirna
Un monastère fortifié dont l’église, achevée en 1609, est très haute et étroite. Dehors, elle est décorée de pierre sculptée, et non de fresques. Une salle expose ses manuscrits enluminés.
Infos pratiques
- Quand y aller
- De mai à septembre. L’hiver, le col de Prislop reste ouvert, mais enneigé.
- Y aller
- Baia Mare est à deux heures et demie de l’aéroport de Cluj-Napoca. Gheorgheni, à 25 km du Lacul Roșu, est à deux heures et demie de celui de Târgu Mureș.
- Accès
- Tout est goudronné. Vignette électronique, la rovinietă, obligatoire sur les routes nationales. Travaux au barrage de Bicaz depuis juillet 2026 (circulation alternée) : vérifier avant de partir.
- Dormir en van
- Campings autour de Gura Humorului et au village de Lacu Roșu. Il y a des ours : ne rien laisser dehors la nuit.
- À savoir
- Tenue couverte dans les monastères. Horaires de la Mocănița à vérifier avant de partir ; réserver l’été.
- Compter
- Huit jours, un de plus pour le monastère d’Agapia ou la mine de sel de Cacica.

Ce qu’il ne faut pas manquer
- 1Le cimetière JoyeuxLes croix bleues de Săpânța, à voir le matin, avant les cars.
- 2Le mémorial de SighetL’ancienne prison où le régime communiste a enfermé les élites du pays, de 1950 à 1955.
- 3La MocănițaL’un des derniers trains forestiers à vapeur d’Europe.
- 4VoronețLe Jugement dernier sur fond bleu, en fin d’après-midi.
- 5La citadelle de SuceavaLa forteresse de l’ancienne capitale moldave, qui a résisté au sultan Mehmed II en 1476.
- 6Le Lacul RoșuUn lac né d’un glissement de terrain en 1837 ou 1838, d’où sortent les troncs des sapins noyés.
Le Maramureș et la Bucovine en images



Les croix de bois peintes en bleu du cimetière Joyeux de Săpânța.
La table du Maramureș et de la Bucovine
Dans le Maramureș, on vous offre souvent un verre de horincă en arrivant : une eau-de-vie de prune distillée deux fois, très forte. Le balmoș, un plat de bergers, mêle semoule de maïs et fromage de brebis.
En Bucovine, la ciorbă rădăuțeană, du nom de Rădăuți, est une soupe aigre au poulet, à l’ail et à la crème. Au dessert, les papanași sont des beignets au fromage frais, servis avec de la crème et de la confiture.
Baia Mare → Gheorgheni
+25étapes- 1Biserica de lemn din Șurdești · Biserica de lemn din Plopiș · Pasul Gutâi · Biserica de lemn din Desești
- 2Cimitirul Vesel din Săpânța · Mănăstirea Săpânța-Peri · Memorialul Sighet · Muzeul Satului Maramureșean
- 3Biserica de lemn din Bârsana · Mănăstirea Bârsana · Biserica de lemn din Poienile Izei · Biserica de lemn din Ieud Deal
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