Le parc national de la Gauja, de Riga à Cēsis
À une heure de Riga, la Gauja coule au fond d’une vallée de grès rouge, entre des châteaux de croisés et des forêts de pins. Une boucle de quatre jours par Sigulda, Turaida, Līgatne, Cēsis et Valmiera.
La vallée de la Gauja, à une heure de Riga
On quitte Riga par la rue Brīvības, devant le monument de la Liberté. La route devient l’A2 et traverse une cinquantaine de kilomètres de plaine et de pinèdes. Puis, à Sigulda, la vallée de la Gauja s’ouvre d’un coup : profonde, boisée, avec des falaises de grès rouge au bord de l’eau.
Depuis 1973, elle est protégée par le parc national de la Gauja, le plus grand de Lettonie. Les forêts couvrent près de la moitié du parc. À Sigulda, un téléphérique traverse la vallée jusqu’à Krimulda : depuis la cabine, on voit les châteaux des deux rives. Plus loin, à Līgatne, un bac à câble fait passer les voitures d’une rive à l’autre. Tout près, des sentiers nature longent la Gauja, avec des enclos d’ours, d’élans et de bisons.
De petites routes de forêt mènent ensuite à Cēsis, une ville médiévale autour de son château. Vers Valmiera, la Gauja longe les falaises de grès d’Ērgļu klintis, hautes d’une vingtaine de mètres.

Les châteaux des croisés
Au début du XIIIe siècle, des croisés allemands soumettent les Lives et les Latgaliens qui vivent au bord de la Gauja. Les chevaliers Porte-Glaive bâtissent Sigulda à partir de 1207, puis commencent le château de Cēsis vers 1213. À la fin du XVe siècle, Cēsis devient la résidence permanente des maîtres de l’ordre de Livonie. Wolter von Plettenberg, maître de 1494 à 1535, y ajoute trois tours d’artillerie. En 1577, assiégés par Ivan le Terrible, environ 300 défenseurs se font sauter avec leur poudre. Aujourd’hui, on visite la tour ouest à la lueur d’une lanterne, une tradition lancée en 1996.
En face de Sigulda, Turaida est construit à partir de 1214 pour Albert, évêque de Riga, à la place d’un fort de bois des Lives. Les ruines de Krimulda, juste à côté, sont celles d’un château du chapitre de Riga. L’ordre et l’Église se partageaient le pays et se surveillaient d’une rive à l’autre. Abandonné après un incendie en 1776, Turaida est fouillé à partir de 1976. On monte aujourd’hui dans son donjon pour voir toute la vallée.
L’ordre et l’Église se partageaient le pays et se surveillaient d’une rive à l’autre.
La Rose de Turaida et les chants populaires
Selon la tradition, Maija est recueillie bébé à Turaida après une bataille, en 1601. En 1620, un déserteur polonais veut l’épouser de force. Fidèle à son fiancé, jardinier à Sigulda, elle préfère mourir. Elle dit au déserteur que son foulard rend invulnérable et lui demande de la frapper d’un coup de hache pour l’essayer. Il la tue, à la grotte de Gutmanis. La tombe de la Rose de Turaida, près de l’église, reçoit encore les fleurs des jeunes mariés.
Au-dessus du château, Dainu kalns, la colline des chants, rend hommage aux dainas, les quatrains populaires lettons. Elle a été ouverte en 1985 pour les 150 ans de Krišjānis Barons, qui a réuni ces chants. L’armoire à fiches de Barons, le Dainu skapis, est inscrite au registre Mémoire du monde de l’Unesco depuis 2001.

Le musée ethnographique en plein air de Lettonie
Fondé en 1924, il réunit plus d’une centaine de bâtiments ruraux, dans une pinède au bord du lac Jugla : fermes en rondins, moulins à vent, églises de bois. Il est sur la route de Sigulda.
Infos pratiques
- Quand y aller
- De mai à début octobre, fin septembre pour les couleurs d’automne. L’hiver, la vallée est enneigée et les journées courtes.
- Y aller
- Riga a un aéroport international. Sigulda est à une heure de route par l’A2.
- Accès
- Tout est goudronné, sauf les pistes forestières vers les falaises, délicates sous la pluie pour un grand camping-car. Dans Riga, on se gare hors de la vieille ville, en grande partie piétonne.
- Dormir en van
- Campings autour de Sigulda, de Līgatne, de Cēsis et de Valmiera. Dans le parc national, on ne dort que sur les emplacements prévus.
- À savoir
- Le bunker de Līgatne se visite en groupe guidé, sur réservation, à Skaļupes. Le bac de Līgatne s’arrête quand la rivière gèle. Un fourgon immatriculé utilitaire (N1) de plus de 3 t paie la vignette lettone ; voitures et camping-cars n’en ont pas besoin.
- Compter
- Quatre jours pour la boucle, un ou deux de plus pour Riga ou la Gauja en canoë.

Ce qu’il ne faut pas manquer
- 1La rue Alberta à RigaDes façades Art nouveau en enfilade, et un musée chez l’architecte Konstantīns Pēkšēns, au n° 12.
- 2Le téléphérique de SiguldaLa traversée de la vallée en cabine, au-dessus de la Gauja.
- 3La piste de bobsleigh de SiguldaUn bob-taxi avec pilote l’hiver, un bob sur roues l’été.
- 4Le bunker de LīgatneUn abri antiatomique soviétique, à 9 mètres sous terre.
- 5Le village lacustre d’ĀraišiUn village latgalien des IXe et Xe siècles, reconstruit sur son îlot.
- 6SietiņiezisUne falaise de grès blanc percée de petits trous, d’où son nom de « tamis ».
Le parc national de la Gauja en images



La façade Art nouveau du n° 12 de la rue Alberta, à Riga.
La table lettone
À Riga, le Marché central occupe d’anciens hangars à zeppelins. On y trouve le pain de seigle noir, le poisson fumé et, au printemps, la sève de bouleau. Au restaurant, on commande des pois gris au lard. Le Baume noir de Riga, une liqueur amère aux herbes, se boit pur ou dans un café.
Cēsis est la ville de la bière : une brasserie est mentionnée dans le château dès 1590. La Cēsu alus se brasse aujourd’hui dans une usine moderne.
Boucle depuis Rīga
+13étapes- 1Muzejs "Rīgas Jūgendstila centrs" · Rīgas Doms · Melngalvju nams · Siguldas viduslaiku pils
- 2Siguldas bobsleja un kamaniņu trase · Krimuldas viduslaiku pils · Gūtmaņa ala · Turaidas pils
- 3Līgatnes Padomju slepenais bunkurs · Zvārtes iezis · Āraišu ezerpils · Cēsu viduslaiku pils
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