Le Pays basque des deux versants
Une boucle qui passe la frontière deux fois. Elle relie une côte battue par l’Atlantique à des villages de l’intérieur où la montagne commence tout de suite.
De la côte aux villages de la montagne
La boucle part de Saint-Jean-de-Luz et suit la corniche jusqu’à Hendaye. Là, le château d’Abbadia se dresse au-dessus de la mer. On passe ensuite la Bidassoa : en face, Hondarribia a gardé ses remparts, son château de Charles Quint et ses balcons colorés. La route continue jusqu’à Saint-Sébastien, sa plage de la Concha et le mont Urgull, au bout de la baie.
Puis la route quitte la mer pour les collines vertes de la Navarre. Les villages de montagne sont à une vingtaine de kilomètres des plages. Les routes deviennent étroites et sinueuses. Elles traversent Lesaca et Zugarramurdi, puis repassent en France à Ainhoa et Sare, au pied de La Rhune.
On passe d’un pays à l’autre presque sans s’en apercevoir. Le vrai contraste est entre la côte et l’intérieur. La boucle laisse de côté Biarritz et Bayonne, à moins d’une demi-heure au nord de Saint-Jean-de-Luz.

Les villages basques de l’intérieur
En 1610, l’Inquisition de Logroño juge pour sorcellerie des habitants de Zugarramurdi et des environs. Onze sont condamnés au bûcher. Six y montent vivants ; les cinq autres, morts en prison, sont brûlés en effigie. La grotte où se seraient tenus les sabbats, les akelarre, se visite à la sortie du village. Un musée raconte la chasse aux sorcières des deux côtés de la frontière. Le Labourd voisin avait eu son procès l’année précédente, mené par le juge Pierre de Lancre.
D’un côté à l’autre de la frontière, les villages se ressemblent. Chacun a son fronton, souvent collé à l’église, et c’est là que le village se retrouve le dimanche. La pelote s’y joue à main nue, à la pala ou au chistera, un gant d’osier qui lance la balle à plus de deux cents kilomètres à l’heure. Les maisons ont des murs blancs, des colombages et des volets rouge sang de bœuf ou verts. Sur le linteau, on lit le nom de la famille et la date de construction. La maison, l’etxe, a longtemps compté plus que ceux qui l’habitaient : on portait son nom.
Sur les panneaux et les menus, on lit aussi l’euskara, la langue basque. Elle n’a de parenté connue avec aucune autre langue d’Europe. On la parle dans sept provinces, trois en France et quatre en Espagne, réunies sous un même nom, Euskal Herria. C’est la langue, plus que la frontière, qui dessine le pays. Dans les villages de l’intérieur, elle reste la langue de tous les jours.
C’est la langue, plus que la frontière, qui dessine le pays.
La frontière, de la Bidassoa à La Rhune
Le 7 novembre 1659, la France et l’Espagne signent le traité des Pyrénées sur l’île des Faisans, au milieu de la Bidassoa. Les deux pays l’administrent tour à tour, six mois chacun. Le traité fixe la frontière dans ses grandes lignes et prévoit un mariage. En juin 1660, Louis XIV épouse l’infante Marie-Thérèse en l’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz. Selon la tradition, la porte par laquelle les mariés sont sortis a ensuite été murée. On la voit toujours sur le flanc de l’église.
La frontière passe aussi au sommet de La Rhune, à 905 mètres. Un petit train à crémaillère, en service depuis 1924, y monte en trente-cinq minutes depuis le col de Saint-Ignace. Il traverse des landes où paissent les pottoks, les petits chevaux semi-sauvages du Pays basque. En haut, la vue porte de la côte landaise aux sommets des Pyrénées. Côté espagnol, des ventas, auberges et boutiques de frontière, servent à manger à deux pas de la France.

Espelette
Le village qui a donné son nom au piment : à l’automne, les façades disparaissent sous les guirlandes rouges mises à sécher. Le piment d’Espelette a son appellation d’origine, et sa fête, le dernier week-end d’octobre.
Infos pratiques
- Quand y aller
- Mai-juin et septembre. Juillet et août saturent la côte.
- Y aller
- Bayonne et Saint-Sébastien à une demi-heure de Saint-Jean-de-Luz, Bordeaux à deux heures et demie.
- Accès
- Tout est goudronné. Les routes de l’intérieur sont étroites et très sinueuses.
- Dormir en van
- Nombreux campings des deux côtés. Le stationnement nocturne est très encadré sur le littoral en saison.
- À savoir
- Le petit train de La Rhune circule de fin mars à début novembre et se réserve à l’avance en haute saison. Le reste de l’année, on monte au sommet à pied.
- Compter
- Quatre jours pour la boucle, six en poussant plus loin en Navarre ou jusqu’à Bilbao et son musée Guggenheim.

Ce qu’il ne faut pas manquer
- 1La RhuneLe sommet frontalier, accessible à pied ou par le train à crémaillère.
- 2Les villages de l’intérieurAinhoa et Sare : maisons à colombages rouges et frontons de pelote.
- 3La corniche basqueEntre Hendaye et Saint-Jean-de-Luz, la côte tombe droit dans l’Atlantique.
- 4HondarribiaUne vieille ville fortifiée aux balcons colorés, juste en face d’Hendaye, de l’autre côté de la Bidassoa.
- 5La ConchaLa baie de Saint-Sébastien, l’une des plages urbaines les plus célèbres d’Europe.
- 6ZugarramurdiLa grotte des sabbats et le musée des sorcières, à quelques minutes de la frontière.
Le Pays basque en images



Une maison labourdine et le clocher d’Ainhoa.
La table basque
Côté français, le piment d’Espelette parfume beaucoup de plats, de l’axoa de veau au jambon de Bayonne. Le gâteau basque, à la cerise noire ou à la crème, se vend dans chaque village.
Côté espagnol, Saint-Sébastien est la ville des pintxos : de petites bouchées alignées sur le comptoir des bars. On les accompagne d’un verre de txakoli, le vin blanc légèrement perlant de la côte.
Boucle depuis Saint-Jean-de-Luz
+7étapes- 1Château d'Abbadia · Castillo de Carlos V · Santuario de Nuestra Señora de Guadalupe
- 2Monte Urgull · Kontxa hondartza
- 3Lesaca · Cuevas de Zugarramurdi · Ainhoa
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